Les cailloux du Caroux

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La Shimano Epic Enduro 2016

http://www.endurotribe.com/2016/04/video-shimano-epic-enduro-2016-le-mini-best-of/

Au programme

Un weekend dans l’Herault pour aller au bout de la SEE, 110km de VTT 4800m de D+, les spéciales sont chronométrées, le première se fait à la lampe frontale, et les portes horaires sont là pour vous arrêter en plein rêve ou en plein cauchemar, cela dépend de votre état de fraicheur !

Départ vendredi à 3h40 après avoir chargé, vélos et bagages pour 7h de longue route à travers la France, direction le sud.

 

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Arrivée vers 11h00, oui mais entretemps, sans pépins, nous avons côtoyé des routes que le GPS nous indiquait alors que la vraie route était bien plus lisse, que les chemins cimentés des vignes.

Bref, arrivés à destination nous prenons possession du gîte, vidons la voiture, les vélos, le porte vélos et go pour aller faire quelques courses alimentaires !

De retour vers 13h il est temps de se mettre à table, enfin !!!

Le reste de l’après-midi sera calme, nous irons voir le terrain, tâter un peu du caillou et se rendre compte des montées qui nous attendent.

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Il fait assez beau, le vent est violent par moment et les nuages qui surgissent refroidissent vite l’air.

Les questions se posent en même temps que les préparatifs.

Va-t-on couvrir la distance

En combien de temps

Comment gère-t-on l’alimentation en boucle et entre deux boucles

Les portes horaires inquiètent. Si la première semble accessible, les autres se réduisent et au final, aurons-nous le temps de parcourir cette foutu distance ?

Et les descentes alors, elles sont comment ? Comme à la maison ou alors c’est vraiment pentu, agressif, sinueux ?

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On essai pour chaque question de trouver les éléments positifs, de toute façon nous sommes inscrits, nous sommes sur place, plus question de reculer, sauf si le temps se met à la pluie, hors de question de se mettre en danger !

La fin de l’après-midi, passe, le repas du soir agrémenté de blagues et taquineries en tout genre, mais la sobriété est de mise, inquiétude, stress, préparation mental ??? Chacun est un peu dans sa bulle.

Après une bonne nuit de sommeil, samedi matin c’est léger réveil musculaire, on en profite pour visiter l’autre côté du village, la rivière qui coule laisse entendre ou doux bruit… C’est reposant, on a envie d’y rester, se trouver une maison ici et de vivre dans le coin !

Mais voilà nous sommes venus pour autre chose et dès 13h30 les inscriptions sont ouvertes.

C’est le moment de rejoindre Olargues qui accueille pour l’occasion un festival appelé « Outdoor Carroux ». L’occasion pour les locaux de découvrir et faire découvrir aux visiteurs d’un weekend, français ou étranger, leur sublime région sou l’égide du sport nature.

Alpinisme, rafting, canoë, spéléo, vtt, marche, trail… Tout y passe.

C’est alors pour nous le moment de faire la queue pour faire marquer vélo, roues, fourche, et dorsale, et même batteries pour les VttAE (grande nouveauté de l’année )du fameux sticker SEE2016. C’est la preuve durant toute l’épreuve que l’on n’a rien changé sur le vélo ! Sinon c’est élimination directe.

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2h après s’être rendu sur place, réception faite du package (t-shirt, verre, puce pour les chrono, cadeau de Shimano et autres produits dopant pour le corps), nous voilà sortis du paddock.

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Nous en profitons pour regarder la démonstration de BMX/Dirt avec des jeunes du club du Carroux, quelques professionnels qui font le show, entre whip, back flip, no hands, tchou-tchou…

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Mais il est temps de s’en retourner à notre gîte.

Fixation des lampes sur le cintre, de la plaque sur le devant du vélo, on remplit la malle avec les produits, vêtements, outils, alimentations… et enfin la préparation du sac… Que met-on dedans pour avoir le strict minimum, dans le cas d’une éventuelle casse, sans être trop chargés…

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Chacun y va de son conseil, de son expérience, ce qui compte avant tout c’est de se dire que l’on n’est pas pris au dépourvu, au pire si ça casse, c’est fini, le temps de réparation sera bien trop long pour compter continuer sur ce périple.

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Un bon repas, une bonne nuit, de sommeil très courte…

2h45 dimanche matin, réveil et branlebas de combat ! Petit déjeuner avalé, vélos posés sur le porte vélos, sac dans le coffre et go pour se rendre sur Olargues… Il est 4h on se présente à la grille de départ, nous sommes déjà une bonne centaine parmi les 400 coureurs de la vague une. Bientôt nous sommes invités à laisser passer pro, demoiselles et pilotes de renoms ! Le ton est donné, ça va rouler fort.

4h30 briefing : si vous n’avez pas votre dorsale : expulsions

Si vous ne respectez pas les PH : expulsions

Les VTTaE vont partir en vague 2 et vont nous doubler, laissons-les passer, ils vont plus vite que nous !

4h45 pile : le départ est donné, nous sommes bien placés mais on sait que cela va partir très fort, très vite et que ça va monter tout de suite.

 

 

Effectivement, il faudra environ 45’ pour réaliser la première liaison qui nous permettra de rejoindre la première spéciale de nuit. Ca monte au train à bonne allure sur du bitume, puis sur une DFCI assez roulante. Cette année pas de surprise, la première spéciale est déjà ouverte, on peut donc s’élancer sans attendre. On allume la frontale qui complète la vision assurée par la lampe du cintre et on s’élance sur un parcours assez roulant, peu de surprise. Sauf que certains costauds, des habitués des Enduro Series qui ont trainé dans la montée, qui se sont trouvé en fin de vague vont nous doubler comme des avions. Le mieux étant de les laisser passer, cela évite les accidents…

La spéciale se termine, proprement sans bobo… On décide de poursuivre immédiatement que la seconde liaison, encore dans le noir ! Il faudra là aussi compter presque 45’ pour arriver au bout dont une partie de portage à travers un chemin très escarpé qui est ni plus ni moins la piste de la spéciale 7 qui sera prise par les courageux de la boucle 3, mais cette fois en descente !!! On se dit alors qu’après le passage de 800 coureurs dans ce chemin, à pieds, il va être difficile de trouver du grip en descente, d’ailleurs nous apprendrons que certains pro sont descendus à pieds tant elle était devenue, épique !

La liaison se termine par une beau chemin carrossable, en montée !

La spéciale 2 : que du bonheur, du flow au début puis cela se gâte ! Ca devient chaud, la roche est humide et glissante, les passages techniques sont durs et exigeants, la moindre faute amène à poser au moins le coude, si ce n’est le cadre et là la pierre agressive va laisser des stigmates ! Les coureurs descendent comme ils peuvent parfois sur les fesses, parfois à pieds, parfois sur le dos ! les premières blessures arrivent, le tranchant des pierres, les casques Jets, les vitesses excessives, les prises de risques auront raisons de quelques chevilles, mâchoire, épaules, côtes… Bref ça tombe et ça fait mal.

Là aussi la spéciale se termine, je ne suis sans doute pas parmi les premiers mais je suis resté sur le vélo, le vélo sur ses roues, tout va bien ! Ouf

La troisième liaison se profile, on roule bon train et les meilleurs de la vague 2 partis à 5h15 nous reprennent ! Ca monte fort, mais sans difficulté technique, on est encore lucide, enfin on le pense.

Ca monte dur, très dur, c’est à chaque fois en une seule montée 500m de dénivelé positif, du jamais fait avec nos sorties du dimanche et on peut chercher dans notre région cela n’existe pas ! Alors il faut s’accrocher, trouver des compagnons d’infortune et rouler avec eux, pour peu que le train qu’ils mènent ou qu’ils emmènent nous convienne.

La spéciale 3, c’est que du bonheur, du flow, des racines un peu de pierres, beaucoup de zig-zag des pifs pafs dans tous les sens, mais ça file vite , sauf la fin qui tout juste une spéciale inversée il faut monter en courant pour réussir à passer vite. Puis on arrive au bout de la première boucle le ravitaillement autre, que juste du sucré est au bout du chemin, ça roule… Arrivés au paddock on décharge la puce pour connaitre ses temps de passage et go direction la voiture pour s’alimenter, vérifier pression de pneu, mettre un peu d’huile sur la chaine, retirer les lampes du vélo et du casque !

Il est 9h15, j’avais prévu une arrivée pour 9h, je suis dans les temps, la PH est à 10h15 ! Allé GO pour la boucle 2 ! Florent est déjà passé, sans doute à t-il réussi à arriver vers 9h ! Florian quant à lui est sans doute derrière, pas de nouvelles, j’espère que personne n’est blessé, quand je vois la casse dans le spé 2 et les crevaisons à profusion…

Bref il faut s’élancer sur la liaison 4, le Bardou ! C’est une seule montée au départ sur du bitume puis rapidement sur une DFCI qu’il est très difficile de monter à vélo, sauf pour quelques VttaE et les pros, mais on pousse on porte le vélo ! Il faut monter 1000m de D+ en une seule fois ! Les crampes me prennent, je n’ai jamais vécu cela. Lorsque je marche les quadriceps sont pris de crampes et quand je me détends c’est une crampe derrière le genoux qui me prend ! A chaque pas une crampe ! Il faut se vider l’esprit, ne penser qu’à la marche, regarder au loin pour se projeter, mais le rythme est trop lent, le cardio ne descend pas , le corps est meurtri, il appelle au secours, je m’alimente en eau, en sucre, ma poche à eau est au 2/3 vide, je l’ai changé au paddock à la fin de la boucle 1, elle contient 3 litres, je n’ai pas de repère horaire, le gps est dans le sac à d’eau, pas le temps de s’arrêter et la prochaine PH est à 12h45. Je m’étais fixé une arrivé vers 12h ! Arrivé tout en haut il faut encore rouler 10km sur une grande piste, en alternant montées et descentes, mais c’est dur ! Ouf j’arrive enfin au début de la spéciale que je sais longue et exigeante ! La spéciale 4, c’est un chemin de dalles, une sorte de voie romaine naturelle, parsemée de terre, mais tout le reste n’est que cailloux ! Au départ la fille me dit que pour atteindre le bas et être à l’heure à la PH, j’ai 45’ !

C’est sans compter sur le terrible chemin, parcouru par les meilleurs en 22 minutes ! Terrible, je mets 46’ ! 46 longues minutes à me faire brasser, les bras sont là, les jambes tiennent le choc, je passe des obstacles, des grosses marches que je saute, je relance dans les quelques montées mais je dois souvent m’arrêter les mains sont crispées, les doigts tétanisés il faut garder la lucidité, envoyer du lourd pour garder le rythme mais aussi en garder en réserve pour ne pas se mettre au tas !

Cette spéciale est particulièrement usante, on se suit à 3 on se relai pour ne pas se mettre à la faute et ne pas laisser toujours le même devant, mais c’est éprouvant ! je ne souvenais pas de cette foutue descentes en 2014, quoi que déjà en boucle 2, mais à l’époque mon doigt me faisait bien trop souffrir pour penser à autre chose ! Je regrette ne pas avoir dégonflé ma fourche, je me fais brasser, ça secoue… Mais j’arrive au bout quand même en entier là aussi sans tomber, cela dit les quelques-uns que j’ai vu tomber ne se sont pas relevés, la caillasse t’attrape, te broie et te rend en miettes… Autant ne pas vivre cela !

J’arrive en bas, sprint pour me rendre à la PH 2 ! Et paf je me fais sortir le directeur de course pour avoir dépassé de 2’ la PH !

La déprime totale, je ne sais plus où j’habite, je rentre par la voie verte depuis Mons la Trivalle, direction Olargues, mes pensées s’évadent, tous passe par la tête, les heures d’entrainement, l’investissement technique et foncier ! Mais c’est évident au bout de quelques minutes, il me manque quelque chose que j’avais bien mieux géré en 2014 ! Le rythme ! C’est là que se fait la différence, le rythme en montée, et puis cette ascension dans le Bardou qui aura eu raison de mon envie d’aller au bout. Déçu sur le coup je le suis forcément, mais il faut rester lucide. Je n’aurais jamais pu aller au bout dans ces conditions. Soit j’aurais définitivement craqué physiquement soit, la lucidité m’aurait amené à faire des erreurs qui auraient couté mon intégrité physique !

De retour au paddock, je retrouve Florian qui a mis fin à sa course dès la fin de la boucle 1 ! Les montées étaient dures, les descentes éprouvantes, il fait partie de la colonie des tortues, heureusement sans bobo apparent !

Je pars déjeuner et quelques minutes plus tard, Florent me rejoindra il aura pu terminer la boucle 2 après avoir fait Montahut qui proposait plus une piste de DH qu’un circuit d’enduro !

Cette édition 2016 aura eu raison de notre capacité à encaisser une telle épreuve, il nous manque encore un petit quelque chose

Personnellement après un Epic d’argent en 2014, obtenu au mental mais avec une préparation physique hors norme, je peux considérer que 2016 c’est une contre-performance avec un Epic de bronze.

La question qu’il faut se poser maintenant c’est : y retourner ? Quand ? Pourquoi ? Irais-je enfin au bout ?

14h de VTT c’est ok, 11 ou 12h de montée pourquoi pas, 2h30 de descentes, je ne suis pas contre, il va falloir trouver une grosse motivation pour repasser des heures sur le vélo pour atteindre un niveau d’excellence !

En attendant on ira se faire des trips en off, sans tout ce décors surfait des events !

   
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